Vous aimez l’Inde ? Vous aimez la lecture ? Vous aimez donc lire des livres se déroulant en Inde. Logique implacable !
Mais voilà, vous êtes en panne d’idées…
C’est la raison pour laquelle je vous ai concocté une liste de livres gravitant autour de la planète India. Des livres que j’ai lus, c’est la moindre des choses avant d’en parler. Et il y en a pour tous les goûts : essai sociologique ou politique, roman contemporain ou historique, biographie ou fiction…
Une liste que j’alimenterai au fur et à mesure de mes lectures indiennes.
Et vous, vous avez des livres à me conseiller ? Si c’est le cas, dites-le-moi dans les commentaires en bas de page 😉
Le Dernier Homme de la Tour – Aravind Adiga

Bombay est en plein boom immobilier. On corrompt, on expulse, on rase et l’on fait pousser des tours destinées aux classes moyennes ou aisées. Dharmen Shah, l’un des plus importants promoteurs immobiliers de la ville, jette son dévolu sur deux immeubles des alentours de l’aéroport international. Il projette de les détruire et d’y ériger Le Shanghai, un immeuble de grand luxe. Pour parvenir à ses fins, il va au plus rapide : il propose à chaque propriétaire de lui racheter son bien presque deux fois le prix du marché. Une offre irrésistible…
Évidemment, tout le monde accepte. Avec une telle somme d’argent, chacun pourra démarrer une nouvelle vie et s’offrir ce à quoi il a toujours rêvé. Tout le monde accepte, oui, sauf une personne : Masterji, un instituteur à la retraite, veuf et délaissé par son fils. Ses seuls amis sont les Pinto, ses voisins du dessous. Il n’a envie d’aller nulle part et n’a besoin de rien. Il veut juste rester chez lui, y vieillir et y mourir en paix, auprès de ses « amis », comme il aime à le dire.
Le souci, c’est que le promoteur a fixé une date butoir : le 3 octobre. S’il manque l’accord d’un seul des propriétaires, l’offre de rachat sera caduque et le projet abandonné.
Voyant le magot leur filer entre les doigts, les habitants de la tour vont peu à peu se liguer contre le dernier de la tour. Y compris ses anciens amis. La chasse est ouverte, tous les coups seront permis pour qu’il signe l’acte de vente, de gré ou de force.
Aravind Adiga est l’auteur d’un best-seller, Le Tigre Blanc. Un roman particulièrement impitoyable et sarcastique envers la société indienne. Avec Le Dernier Homme de la Tour, il récidive et exhume la pourriture qui sommeille en la capitale économique indienne, où la loi de l’agent et du plus fort règne en maître. Les pires mesquineries, les trahisons les plus crasses, les alliances contre nature, les bassesses et les flatteries douteuses s’enchaînent. On en rit autant que l’on en « gerbe », car l’on sait que ce genre de personne existe. Qu’elles pullulent, même.
Au-delà de sa violente critique des maux indiens – jalousie grotesque, corruption à tous les étages, mépris du moins que rien, lynchage, fourberie, courbettes et soumission aux puissants – Aravind Adiga nous livre ici un roman à suspens. Une espèce de huis clos à rebondissements, parfois oppressant, toujours drôle, souvent malaisant tant l’on tombe dans les bas-fonds de l’humanité.
Si vous aimez la littérature indienne contemporaine et urbaine, vous ne pouvez pas mieux tomber.
Delhi Capitale – Rana Dasgupta

Un nouveau portrait socio-économique de l’Inde, plus spécifiquement de Delhi. À travers des interviews et des témoignages de différents membres de la classe supérieure – au sens matériel – l’auteur raconte la métamorphose d’une ville en mégalopole. Ou comment l’ouverture au capitalisme a transformé l’urbanisme et la démographie de la cité. Comment les bidonvilles ont été rasés au profit de logements dédiés aux classes moyennes. Comment des familles puissantes ont amassé des milliards en s’appuyant sur leurs réseaux politiques et en démocratisant la corruption. Comment les immigrés post-partition ont modifié la structure démographique et les mentalités de la vieille ville. Comment les tensions religieuses ont été ravivées après le départ des Anglais. Un renversement radical et violent, avec ses gagnants et ses perdants.
Un bon petit pavé intéressant et instructif qui m’a fait penser au roman Age of Vices de Deepti Kapoor. Les personnages réels de cet essai ressemblant à s’y méprendre aux personnages fictifs de Age of Vices…
L’Inde de demain – Akash Kapur

Encore un essai qui s’attache cette fois-ci à décortiquer le passage brutal du primaire au tertiaire, de l’agriculture aux nouvelles technologies. Quand le campagnard délaisse son champ au profit du call center…
L’auteur, un Indien ayant vécu aux États-Unis, revient s’installer chez lui, dans l’État du Tamil Nadu, à Auroville, près de Pondichéry, en milieu rural. Cela se déroule à notre époque. Là, il recueille les impressions et les confidences de paysans et de citadins, de jeunes et de vieux. Ils voient leur monde changer, s’effondrer selon les points de vue. Les cartes se redessinent : les anciens seigneurs perdent leur prestige et leur patrimoine, les anciens serfs, libérés de leurs chaînes, partent faire fortune à Chennai ou à Bangalore, les deux « Silicon Valley » indiennes.
Pour autant, et comme à chaque bouleversement socio-économique, tous semblent mitigés : malgré leur chute et leur nostalgie d’un passé réduit en cendres, les perdants du boom économique se réjouissent tout de même que la jeunesse et les Dalits bénéficient de plus d’opportunités et de confort. Quant à cette jeunesse partie des campagnes pour se libérer des traditions, faire du cash, se dévergonder en ville et renoncer à la maternité au profit de la carrière, loin de la famille et des moralisateurs, un doute subsiste : est-ce que cela en vaut vraiment le coup ?
Un beau récit, plus reposant que palpitant. On prend son temps, comme dans un Pagnol. Et ce n’est pas plus mal.
Aucun dieu en vue – Altaf Tyrewala

Dans ce livre léger, tant par le ton que par le poids, on s’enfonce dans Mumbai. Ici, l’auteur nous livre des tranches de vie de façon déstructurée. On passe d’un personnage à un autre toutes les 5 ou 10 pages. Il n’y a pas d’histoire ou de trame centrale, simplement un lien familial ou circonstanciel entre les protagonistes : On démarre sur une jeune fille venue se faire avorter dans une clinique privée. Puis l’on bascule sur le médecin, en proie aux doutes quant à sa « vocation ». L’auteur enchaîne ensuite sur le père de ce médecin, un vendeur de chaussures en fin de vie. Puis sur son patron, en quête d’expatriation et ainsi de suite.
L’occasion d’aborder une ribambelle de thèmes inhérents à la littérature indienne contemporaine : les bidonvilles, les tensions religieuses, les changements de mœurs, la corruption, les conflits familiaux, le terrorisme…
Ce n’est pas un livre mémorable, mais une petite distraction bien agréable et facile à lire.
Delhi Noir – Collectif

Vous aimez le glauque, le sordide et la violence ?
Non, bien entendu.
Sauf peut-être s’il s’agit de littérature !
L’Inde est fascinante, belle et colorée.
Mais si vous y avez déjà voyagé, vous le savez, comme nous tous :
L’Inde est aussi terrifiante, injuste, miséreuse et dure. Très dure.
Voici donc un recueil de nouvelles peu connu du grand public.
Je suis tombé dessus par hasard, en me promenant à la bibliothèque municipale.
Un recueil qui nous plonge dans un Delhi violent et cru. Le Delhi de l’ombre, celui que l’on ne voit pas toujours quand on ne fait qu’une halte dans la capitale indienne, en attendant de rejoindre le Taj Mahal et le Rajasthan.
Le Delhi des bas-fonds, des bidonvilles et des Intouchables. Le Delhi que l’on évite.
Si vous aimez la littérature « thriller » et l’Inde, vous avez frappé à la bonne porte !
Toutes les nouvelles de ce recueil ont été écrites par des Indiens, écrivains ou journalistes.
Et ils n’y vont pas de main morte. Alors, accrochez-vous bien !
Anarchie : L’implacable ascension de l’East Indian Compagny – William Dalrymple

Un récit historique écrit par un passionné de l’Inde. Un livre qui fourmille de détails et d’anecdotes. Une référence pour tous les aficionados de l’Inde.
Car c’est un moment clé de l’histoire du sous-continent que nous raconte ici William Dalrymple : la création de l’East India Company et sa main mise sur la quasi-intégralité du territoire indien.
Comment une société privée anglaise basée à la City et dirigée par une poignée d’hommes d’affaires a réussi à provoquer la chute du puissant Empire moghol, alors établi dans toute la moitié nord du sous-continent, et bien plus encore ?
Eh bien, toujours avec la même technique, si chère aux Anglais : diviser pour régner. Chose aisée sur un territoire tel que le sous-continent indien, tant il regorge d’ethnies, de religions, de royaumes, de castes et de clans aussi différents qu’antagonistes.
Une histoire méconnue qui nous rappelle que ce n’est pas l’Angleterre en tant que pays qui a d’abord colonisé l’Inde, mais une société privée. Avec ses fonds privés, ses navires privés et son armée privée.
D’ailleurs, l’East India Company est allée tellement loin dans la sournoiserie, la violence, l’enrichissement et l’autonomie que la couronne britannique a fini par mettre un terme à ses ambitions… et à la relever de ses « fonctions ».
Bref, un récit passionnant où se mêlent manigances, corruption, trahisons, vengeances, crises d’ego, ambitions personnelles et retournements d’alliances. Un beau bordel où se croisent et s’entretuent les Moghols, les Afghans, les Anglais, les Rajputs, les Français, les Hollandais et tout un tas d’autres peuples se partageant à l’époque le gros gâteau indien.
Ce sont donc des businessmen anglais qui ont mis fin à la domination musulmane en Inde, passant le relais aux hindous après la période de la colonisation.
Une période de l’histoire qui permet de mieux comprendre les tensions contemporaines entre hindous et musulmans indiens. Rien n’arrive par hasard…
Les Princes de Sambalpur – Abir Mukherjee

Je ne vais pas entrer dans l’histoire ou vous la résumer. Le synopsis est facile à trouver. Et puis, il est finalement secondaire.
Si j’ai lu ce livre, c’est avant tout par passion pour l’Inde et sa culture. Le pays le plus fascinant du monde, probablement.
Ici, l’auteur nous plonge dans l’Inde coloniale, l’Inde de Calcutta et plus précisément, c’est dans le titre, celle des maharajas. Nous sommes dans le premier quart du 20e siècle, dernière parenthèse de calme relatif avant le chaos du (très) long processus de décolonisation, accéléré par la résistance passive de Gandhi.
Il y a un petit côté Indiana Jones dans ce livre. Je parle plus du décor (les palais, la jungle, l’extravagance) que de la forme (trop caricaturale, voire raciste, dans le film de Spielberg qui dépeint les Indiens comme des sauvages bouffeurs de serpents.)
Partie de chasse au tigre à dos d’éléphants, harem, trahison, messe basse de cours, lutte de pouvoir, meurtre, complot et lutte pour l’indépendance, tout y est. Une véritable plongée dans ce passé empreint de mystique et de fantasme. Et de l’humour, aussi, à l’image de nos deux héros, symboles de cette improbable cohabitation entre Britanniques et Indiens, des peuples que tout oppose.
Une lecture que je conseille à tous les amoureux de l’Inde.
Le livre de la jungle insurgée : Plongée dans la guérilla naxalite en Inde – Alpa Shah

On l’ignore parfois, mais l’Inde est en proie à des dizaines de conflits armés dont les motivations peuvent être politiques, indépendantistes, territoriales, religieuses ou ethniques, bien souvent un masala de cette liste non exhaustive. Il y en a pour tous les goûts et toutes les tendances. Les attentats et les accrochages avec l’armée sont quasi-quotidiens sur l’ensemble du territoire indien.
Parmi ces guérillas, il y a celle menée par les Naxalites, rurale et d’inspiration maoïste. Une sorte de jacquerie à l’origine. Une lutte armée visant à prendre la défense des paysans pauvres peuplant les forêts des États du Nord, du Centre et de l’Est, notamment. Ces paysans ont une particularité : ce sont des Adivasis, littéralement les Aborigènes du sous-continent. Une « minorité » de 100 millions d’individus, exclue du développement, miséreuse, dépossédée de ses ressources et de ses terres.
Ce livre nous plonge au cœur d’une section naxalite, « infiltrée » par Alpa Shah, une anthropologue basée à Londres. On y découvre que le quotidien d’un naxalite se résume plus à de la randonnée, de la philosophie et du survivalisme qu’à une guerre de tranchées. L’occasion de mieux appréhender l’idéologie du groupe, les motivations de chacun et surtout, de pénétrer la vie des villageois Adivasis.
Mais voilà, tout n’est pas si manichéen qu’il y paraît. Les ambitions personnelles et l’avidité prennent parfois le dessus sur la cause. Le fossé entre les cadres de la guérilla – des bourgeois des villes comme dans toutes les révolutions – et la base – des aborigènes aux motivations disparates – semble se creuser avec le temps. On perçoit tout au long du récit le lent effondrement d’un idéalisme, de cette poésie et de cette naïveté si caractéristiques des insurrections naissantes.
L’histoire se déroule la nuit, dans l’attente, la fatigue, la hantise d’être débusqué par l’armée ou trahi par les siens. Et au milieu de tout ça, l’agonie des Adivasis, piégés entre la rébellion et l’État. S’ils viennent en aide aux Naxalites, l’armée les considère comme des terroristes. S’ils refusent de les aider, les rebelles les assimilent à des collabos. Dans un cas comme dans l’autre, la mort n’est jamais très loin…
Age of Vice – Deepti Kapoor

Un pavé, une fresque indienne comme je les aime. Dans la lignée des Shantaram, le Tigre Blanc ou L’Équilibre du monde. Une histoire de pouvoir, de corruption et d’amour. Encore. La loi du plus fort et du profit, l’injustice et le fatalisme inhérent à la caste. Toujours. Une histoire de l’Inde, en somme.
Un sans-dents manipulé en quête de sa famille, une journaliste alcoolique et paumée, un héritier du crime bling-bling et désœuvré entremêlent leurs destinées sans trop savoir à quoi ils aspirent. On assassine, aussi. Pour obéir, pour une poignée de roupies ou le plaisir. La vie n’est qu’un détail, l’humain une variable que l’on ajuste.
Cela se passe entre Delhi et l’Uttar Pradesh, Goa et les montagnes du Nord. Chacun fait ce qui lui plaît. Comme si la loi, la police et l’État n’existaient pas, comme si politique, crime et business se noyaient dans le même crachat.
Un récit violent, cru et très alcoolisé. L’autodestruction et la mort planent en permanence. On fuit la réalité, ennuyeuse et pourrie, ce monde et ses règles établis pour l’éternité. Quoi que l’on fasse, que l’on soit richissime ou clodo, que l’on se débatte ou subisse.
Un livre qui transpire l’Inde que l’on aime et fantasme. Une Inde noire, fascinante et sans pitié. C’est encore presque chaud, mais c’est déjà un classique.
La nuit poignardée : les Sikhs – Vijay Singh

Livre très intéressant consacré au Sikhisme, religion quasi endémique à l’Inde et peu connue en France.
Avec en point d’orgue les dessous et les origines du massacre du temple d’Amritsar, l’un des carnages politico-religieux les plus dramatiques et les plus troubles de l’histoire moderne indienne.
On y apprend, une fois de plus, que le règne de Indira Gandhi et du Congrès fut marqué par la corruption et la violence, allant jusqu’à l’organisation de pogroms anti-sikhs comme le raconte l’auteur.
(Et comme évoqué dans le Tigre Blanc et L’Équilibre du monde sur d’autres sujets, tels que les magouilles et les abominations du planning familial et la stérilisation forcée des Dalits).
Le Tigre Blanc – Aravind Adiga

Une plongée dans l’Inde de la servitude et des castes. Avec humour, sarcasme et parfois cruauté, l’auteur nous dépeint les relations de maître à vassal qui régissent une bonne partie de ce pays.
Ceux d’en haut abusent de leur pouvoir, maltraitent et méprissent. Ceux d’en bas sont prêts à tout pour grappiller quelques miettes de pain : compromission, soumission, trahison et autres coups bas.
Pas de manichéisme dans ce livre : les Dalits comme les brahmanes sont prêts à tout pour arriver à leur fin. Une course contre la mort, une quête du pouvoir à tout prix.
Avec en arrière-plan, le redoutable système de corruption généralisée mis en place sous le règne d’Indira Gandhi, « la grande socialiste ».
Moralité de l’histoire, s’il devait y en avoir une : pauvres ou riches, tous pourris !
P.S : Le film tiré du livre est plutôt réussi. Dans le sens où il respecte assez bien l’ambiance du livre et le ton de l’auteur.
Shantaram – Gregory David Roberts

Faisons court : une fresque extraordinaire, une plongée à froid dans l’enfer de Bombay. Bidonville, système D, mafia, amour, galères et amitié, tout y est.
Si l’Inde vous passionne, ce livre est fait pour vous.
Shantaram fait partie de ces livres qui m’ont donné le déclic pour accomplir un périple autour de ce pays magique, fou et complètement dingue.
Je suis même allé boire un verre au fameux Léopold 😉
Les disparus de la Purple Line – Deepa Anappara

Une immersion dans le basti, les bidonvilles d’une grande ville indienne.
De l’humour, du courage, de l’espoir et de l’horreur : l’Inde populaire dans son plus simple appareil.
On retrouve dans ce récit l’ambiance de Slumdog Millionaire. Pas tellement pour le sujet et le contexte, mais avant tout dans la narration et les personnages principaux : là aussi, ce sont des enfants. C’est donc à travers les yeux d’un petit garçon et d’une petite fille que l’auteure nous dépeint l’injustice des inégalités sociales, la vie dans les slums, les violences intercastes et interreligieuses. Le sujet de l’histoire, une enquête policière menée par des gosses, n’est qu’un prétexte.
Un bon moment, une lecture sympa. Agrémentée par un vocabulaire hindi très riche que les traducteurs français ont intelligemment conservé.
Moi, le Serpent – Charles Sobhraj et Jean-Charles Deniau

Après la fameuse série Netflix, voici le livre retraçant le parcours asiatique de l’un des plus célèbres tueurs en série français. Un livre de plus, me diriez-vous…
À deux détails, près :
1. Il s’agit d’une autobiographie (à 90 %, les 10 % restant étant narré par le journaliste Jean-Charles Deniau et Hélène, l’ex-femme de Sobhraj).
2. Charles Sobhraj nie tout en bloc. Des escroqueries ? Ça oui, il en était le roi et le reconnaît, s’en vante, même. Des meurtres ? Jamais de la vie ! Toutes ces accusations et ces soupçons dont il est la cible ne sont que complots, acharnement et autres fruits du hasard.
Bon…
Qu’en penser?
D’un côté, Sobhraj est accusé et/ou soupçonné d’une trentaine de meurtres. D’un autre, il n’en reconnaît aucun.
D’un côté, il a été blanchi/disculpé/oublié pour cause de prescription par la justice dans 90 % des meurtres qu’il aurait commis. D’un autre, un petit paquet de routards sont morts quelques jours après l’avoir rencontré…
D’un côté, il est libre aujourd’hui. D’un autre, il aura passé près de 50 ans en prison… Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir par vous-même, ce serait trop long à expliquer ici.
Alors, coupable ou non coupable ?
Comment pourrais-je y répondre, dans le fond ? Je n’en sais rien, pas plus que vous. Seuls Sobhraj et ceux qui ont croisé sa route détiennent la vérité.
De toute façon, savoir s’il est coupable ou non, un peu ou pas beaucoup, n’est pas ce qui a motivé ma lecture.
Pour dire vrai, j’ai adoré ce livre. Et ce n’est pas le côté serial-killer qui m’a happé. Pour une raison toute simple : on ne parle pas de meurtres dans ce livre et surtout, je n’éprouve aucune fascination morbide pour les tueurs. D’ailleurs, la seule chose qui me fascine dans la vie de ce type, c’est son côté aventurier et routard :
Sobhraj vole une bagnole en Europe et roule jusqu’à Mumbai. Sobhraj débarque à Bangkok et lance un business de pierres précieuses. Sobhraj se promène en Iran, en Afghanistan et au Pakistan avec autant d’aisance que s’il eût été en Espagne ou à Londres. Sobhraj parle plusieurs langues, est à la fois Français, Indien et Vietnamien. Une vie à 100 à l’heure, un amoureux de la route qui semble-t-il, n’a pas peur de grand-chose.
Et puis, son parcours nous plonge dans l’Asie des années 70. Une époque où il était facile de traverser les frontières, où les passeports se falsifiaient d’un seul coup de ciseaux, où les caméras et Internet n’existaient pas. Une période d’anonymat et de liberté… mais à double tranchant : quand vous étiez dans la merde, vous ne pouviez compter que sur vous.
Pour conclure, je conseille ce livre. Mais je le conseille avant tout aux amoureux de l’Asie, de l’Inde et des road trips. Ce n’est pas l’histoire d’un serial-killer que conte ce livre. Mais avant tout une histoire de routard. Et de déraciné…
Le reste n’est pas de mon ressort.
Dans les flammes – Megha Majumdar

Je suis tombé sur ce livre par hasard, en déambulant à la bibliothèque.
Une bonne surprise, cela faisait longtemps dans ce registre.
Car si j’adore l’Inde et sa littérature, il faut bien avouer une chose :
La majorité des romanciers indiens traduits en français et mis en avant ont presque toujours deux points communs :
Ils ne vivent pas en Inde, mais aux États-Unis ou au Royaume-Uni.
Ils abordent plus ou moins les mêmes thématiques. (La vie dans les bidonvilles, la corruption, le nationalisme hindou, le fatalisme des castes, l’injustice…)
Eh bien, Dans les flammes n’échappe à aucune de ces deux règles. Megha Majumdar vit à New York et son récit épluche une fois de plus toutes ces thématiques.
Une gamine musulmane injustement accusée de terrorisme, une hija des bidonvilles qui rêve de gloire et un fonctionnaire prêt à se corrompre pour ses intérêts personnels. Le tout sous fond de nationalisme montant qui n’est pas sans rappeler l’ascension de Modi et du BJP.
Malgré la récurrence des sujets abordés, lu et relu à maintes reprises pour ma part, on ne s’ennuie pas une seconde. Car s’il s’agit avant tout d’un drame, l’humour et le sarcasme omniprésents rendent la lecture fluide et agréable.
Bref, un bon petit livre pour se plonger à nouveau dans la chaotique et fascinante Inde.
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