Mon séjour à Hong Kong et Shenzhen : Je vous raconte tout !

La première chose qui frappe quand on atterrit à Hong Kong, c’est l’étendue de son aéroport. Il n’est pourtant pas l’un des plus vastes au monde en termes de superficie. Ce n’est peut-être qu’une impression, en fin de compte. Mais il est sur une île. Il est une île. Une île superficielle sur le point de s’accroître. De gigantesques travaux d’agrandissement sont en cours à l’occasion de mon arrivée en octobre 2024.

La deuxième impression forte est constituée par la traversée de l’île de Lantau. Passage obligatoire s’effectuant en train – sorte de métro express – pour rejoindre l’île principale et historique : Hong Kong Island. Car oui, certains l’ignorent peut-être, mais Hong Kong n’est pas une seule île, mais un mini-archipel, lui-même accouplé à des territoires amputés au « continent » chinois. Ce qui est marquant lors de cette traversée, ce sont ces paysages inédits -pour moi tout du moins. Un mélange improbable de jungle verdoyante et de gigantesques barres d’immeubles. Une sorte de vision dystopique, un accouplement douteux, tantôt moche, tantôt fascinant. Un paysage qui rappelle le quartier du Roy d’Espagne, à Marseille. Mais puissance 1 000.

La troisième sensation, et je vais m’arrêter là avec cette liste, je l’ai vécu en débarquant à Central, le centre-ville, vous l’avez deviné, de Hong Kong Island. Une énergie débordante s’en dégage. Les couleurs, les bruits, la foule, le mélange des genres qui caractérisent bon nombre de mégalopoles asiatiques. Une claque, surtout après un si long voyage – Marseille – Shanghai – Hong-Kong, dont 4 heures de transit à Shanghai. – Je me sentais vraiment paumé, dépassé, sale et à la ramasse, avec ma valise à roulettes, à la recherche de mon itinéraire, au milieu d’une foule pressée, compacte et déterminée. Mais j’aime cette sensation d’avoir été propulsé dans un monde que je ne connais pas ni ne maîtrise. C’est enivrant.

Hong Kong – Central – Un building peut en cacher un autre

Objectif n°1 : rejoindre mon hôtel situé dans le quartier de Mid-Levels, au sommet d’une colline. À pied, via les trottoirs ou la route, il y en aurait pour une éternité. Car Central est au niveau de la mer. Heureusement, les Hongkongais ont pensé à tout pour nous simplifier la vie :

Un escalator extérieur géant a été construit, le plus long du monde, pour un trajet desservi de 800 mètres. Fascinant. Mais il y a un hic : un seul sens a été bâti. Par conséquent, on ne peut pas descendre et monter en même temps, il y a des créneaux : du matin à midi, le sens est orienté vers la descente, pour permettre aux travailleurs des quartiers résidentiels d’aller bosser à Central ou de rejoindre une station de métro. Puis de midi à minuit, à quelque chose près, on remonte. Si vous êtes en soirée et un peu torché, mieux vaut ne pas rater la dernière remontée. C’est du vécu…

Petite photo depuis l’escalator magique

Hong Kong Island est un site privilégié. Une sorte de Monaco asiatique. Tout est propre, tout est cher, tout est facile, sécurisé et bien organisé. N’y habite pas qui veut. Les plus pauvres logent plus au nord, sur la péninsule ou le continent. Pour vous donner un ordre d’idée, une bière à la pression – 25 cl – y coûte entre 10 et 12 euros. Un en-cas dans un pub 20 ou 25 euros. La note monte donc très vite. Sans parler des loyers, avec des 30 m2 à 5 000 balles par mois.

Hong Kong est comme bon nombre de villes : plus on monte, plus c’est cher. Au sommet de la colline, après le quartier de Mid-Levels, se trouve le fameux quartier de Victoria et son Victoria Peak, le point culminant de l’île. On peut y parvenir à pied, l’option que j’ai choisie. Une montée très sportive, surtout au début. C’est là-haut que vivent, paraît-il, les gens les plus riches de Hong Kong. À l’abri, entourés de verdure, avec une vue à 360° sur l’ensemble du territoire. La, ou plutôt les vues qu’offre le site valent le détour et l’effort. Des gratte-ciel en pagaille – c’est à HK qu’il y en a le plus au monde – et cette jungle immense, à perte de vue. Et la mer…

Aux trois quarts de la randonnée se trouve un centre commercial, avec ses sempiternels 7 Eleven, Starbucks et consort. Vous vous dites peut-être qu’il n’y a aucun intérêt à visiter un centre commercial – qui plus est lambda – tandis qu’on randonne dans une sympathique jungle urbaine ? Mauvaise réponse. Vous devez à tout prix vous y arrêter. Non pas pour y faire des emplettes, mais parce que les meilleurs points de vue du parcours s’y trouvent.

Depuis le centre commercial de Victoria

Hong Kong Island, c’est aussi Wan Chai, un quartier commerçant et sa vie nocturne prometteuse. Il y a également, dans un autre registre, Repulse Bay, un autre quartier aisé, au sud de l’île, prisé des touristes et des locaux, pour ses plages sublimes et ses restaurants de bord de mer. Une espèce de Côte d’Azur où la jungle se substitue à la pinède.

Mais si l’on veut rencontrer le Hong Kong populaire et chinois, il faut quitter l’île et se rendre en face de Central, sur la péninsule de Kowloon, et plus particulièrement dans le vaste quartier de Mong Kok. Des marchés, des boutiques et un peu de chaos. Beaucoup même, selon les rues. Car là aussi un record mondial a été homologué : celui de la plus haute densité. 130 000 habitants par kilomètre carré selon le Guinness des records. Une autre ambiance, mais l’on reste à Hong Kong. C’est le « bordel », mais cela reste accessible, sécurisé et relativement propre. Rien de comparable avec une métropole indienne, sa circulation exécrable, ses décharges sauvages et ses animaux errants.

Hong Kong est une ville bénéficiant d’une qualité de vie exceptionnelle, vous l’avez compris. On peut à la fois y faire la fête avec excès, se noyer dans la foule et se reposer au calme sur la plage ou en bordure de jungle. Tout y semble possible… mais ce n’est pas gratuit.

Qui dit Hong Kong dit Chine. Mais pas tout à fait. Car bien que chinoise, Hong Kong conserve encore un tas de particularités, d’exceptions et de dérogations. Les deux plus évidentes, celles palpables par le premier clampin qui y débarque – moi – sont la monnaie et la frontière. Ainsi, la monnaie officielle de HK est le dollar de Hong Kong. En attendant un passage possible au Yuan, l’un de ces jours. Pour un Européen, la différence entre les deux monnaies est minime, 1 euro équivalant à 8 HKD et à 7,5 yuans. Pas besoin donc de tout repenser et de tout recalculer quand on passe de l’autre côté.

Quant à la frontière, elle se trouve tout au nord des « nouveaux territoires ». Et elle est bien réelle, ce n’est pas une frontière fantoche telle que ces vestiges qui marquent les frontières des pays européens. Non, il y a des postes frontaliers bien actifs, des douaniers, des papiers à remplir, des contrôles et des questions auxquelles se plier et… de nouvelles formalités en termes de visa. Car si HK autorise les Français à séjourner 90 jours sur son territoire sans visa et sans (trop) se justifier, ce n’est pas la même rengaine dès lors que l’on pénètre la « vraie » Chine. En temps normal, les démarches peuvent être compliquées et fastidieuses. Surtout, elles doivent être effectuées en amont, bien avant de se rendre en Chine. Et ça, c’est lourdingue quand on aime l’impro en voyage, comme moi.

La bonne nouvelle, c’est que depuis 2023, la Chine a largement facilité les formalités d’entrée aux Français (et à d’autres nationalités). Dorénavant, un Français peut y séjourner pour une durée de 15 jours sans visa. L’autorisation d’entrée se validant directement au poste-frontière. La seconde bonne nouvelle, et je viens de l’apprendre à l’instant – nous sommes le 8 janvier 2025 quand j’écris -, c’est que la Chine a reconduit et allongé cette dérogation. Désormais, et ce depuis fin novembre 2024, vous pouvez y séjourner 30 jours sans visa. En revanche, je ne sais pas jusqu’à quand sera valable cette dispense. N’attendez donc pas trop.

Bye Bye Hong Kong !

Et du coup, pour revenir à nos moutons, j’ai décidé de passer deux nuits en Chine, dans la ville, que dis-je, la mégalopole, de Shenzhen, située pile-poil de l’autre côté de la frontière avec Hong Kong. Histoire de voir ce qu’il s’y trame. Et vous savez quoi ? Tout a été encore plus simple que je ne le pensais. Le (régime) Chinois n’est peut-être pas aussi rigide et méfiant que la rumeur le laisse entendre.

Mon périple débute dans le métro de Hong Kong, plus précisément à la station de Admiralty, à l’est de Central. Direction le nord et le terminus de la ligne bleu ciel : Lo Wu, l’un des postes frontaliers.

Il m’a suffi de descendre de la rame, de remplir un petit formulaire, de laisser mes empreintes et de répondre aux quelques questions du douanier. Mis à part mon passeport, aucun justificatif ne m’a été demandé (comme mon billet de sortie du territoire ou une réservation d’hôtel, ce qui est d’usage selon les pays).

Verdict : « Séjour accordé ! » Je remonte à la surface et me voilà en Chine. Avenue immense, soleil de plomb et scooters fous. Ma première « sensation ». Car ici, les scooters ont une particularité. Deux, en réalité. En fait, trois. La première, c’est qu’ils sont nombreux et omniprésents dans l’espace public. La deuxième est qu’ils sont tous, sans exception, électriques. Voilà au moins une bonne chose pour les oreilles. Et la troisième, la plus déroutante – c’est le cas de le dire – est que les scooters roulent uniquement sur les trottoirs. La route ? C’est pour les voitures. Le plus dingue, c’est qu’ils sont prioritaires sur les piétons. Les marcheurs subissent la tyrannie des deux roues : des coups de klaxon incessants les incitant à dégager le passage. Le plus drôle, c’est que la situation semble acceptée, normale : les gens s’écartent sans rechigner et abandonnent les trottoirs aux profits des deux roues. Au début, j’ai envie de râler, de me rebeller. Mais je finis par me résoudre à faire comme tout le monde. Pas envie de faire d’esclandres après seulement 10 minutes passées en Chine. Comme dirait l’autre, « À Shenzhen, fait comme les Chinois ».

Shenzhen est une ville nouvelle. Une ville qui a connu une croissance démesurée, une expansion dépassant nos références européennes. Simple village dans les années 70, Shenzhen s’est métamorphosée en une mégalopole de 17 millions d’habitants s’étalant sur 1 991 km2. (À titre de comparaison, Paris fait 105 km2…).

Et ce n’est pas fini : Shenzhen est à ce jour (janvier 2025) la deuxième ville au monde comptant le plus de gratte-ciels, devant New York et derrière, on l’a dit, sa voisine Hong Kong. Du pur délire…

Buildings et grandes avenues à Futian

Résultat, tout y est neuf, propre et démesuré. Un peu trop, sans doute, ce qui enlève son charme à cette ville futuriste. Des avenues larges et infinies, des buildings tous plus hauts les uns que les autres, des centres commerciaux à foison et des véhicules électriques, voitures comme scooters, en matière de norme routière.

Et il y a de l’argent, ici aussi. Et ça se voit. Aux voitures, aux tenues vestimentaires, aux commerces. Shenzhen est une réussite économique. On la surnomme la Silicon Valley chinoise. Cette ville constitue l’une des plus grosses usines du continent. Sa spécialité : l’électronique, mais pas seulement. La prochaine fois que vous commanderez en ligne un gadget électronique ou un accessoire de bricolage, lisez l’emballage. Il y a de fortes chances pour que votre produit provienne de Shenzhen. J’en ai fait l’expérience juste avant de partir pour HK : l’adaptateur pour prises électriques que j’ai acheté en ligne en prévision de mon voyage était un « Made in Shenzhen ». Je me suis senti stupide et coupable devant une telle absurdité.

J’ai réservé deux nuits d’hôtel dans un quartier animé et proche de la frontière : Dongmen, dans le district de Luohu. L’hôtel est neuf, clean et moderne, la chambre spacieuse. J’en ai eu pour une quarantaine d’euros la nuit. En France, à ce prix-là, je n’aurais même pas eu une place sur le trottoir.

À la nuit tombée, le quartier s’éveille et cela devient dingue. Dongmen est un labyrinthe de rues piétonnes surchargées de commerces, de street-food et de centres commerciaux. Il y a foule. Le spectacle titille tous vos sens. Les lumières et les néons scintillent à tout-va. La musique, bruyante, s’échappe de tous les magasins. Et pour parfaire ce vacarme, des rabatteurs postés à l’entrée des commerces hurlent leur message dans des mégaphones. Certains utilisent un gadget sonore qu’ils claquent entre leurs mains, d’autres se lancent dans un karaoké. Je découvre rapidement que personne ou presque ne parle anglais. Mais pas de panique : les gens comprennent vite. La plupart utilisent une application de traduction sur son téléphone. C’est efficace et quasi instantané.

Tout n’est pas neuf en périphérie de Dongmen

Avant de décoller pour Hong Kong, j’avais entendu dire qu’il était compliqué de payer en Chine pour un étranger. D’une part, parce que le cash avait quasiment disparu de la vie quotidienne, d’une autre, parce que les terminaux Visa et Mastercard n’étaient pas opérationnels dans la plupart des commerces. Je me suis donc résolu à faire comme tous les Chinois : me créer un compte sur l’application WeChat Pay afin de pouvoir régler mes achats via mon téléphone et un QR code. (L’autre alternative étant Ali Pay).

Finalement, tout cela me fut bien inutile. D’abord, parce que Hong Kong est singulière et internationale. Sur l’île, tout le monde accepte le cash et les paiements par Visa. Quant à Shenzhen, c’est une autre paire de manches. Tout le monde paye avec son téléphone en scannant le QR code des commerçants. Même le type qui vend des brochettes au black dans une rue cachée possède son code-barre. Je n’ai vu personne utiliser une carte ou des espèces. Excepté moi…

Car en arrivant, je me suis empressé de retirer du cash à un distributeur. Un vieux réflexe quand je débarque dans une nouvelle contrée. On ne sait jamais. Avoir des billets en poche peut vous sortir de pas mal d’ennuis. Ne restant que deux jours en Chine continentale, je me devais donc de dépenser cet argent. C’est donc le plus naturellement du monde que j’ai demandé, à l’occasion de ma première transaction, s’il acceptait le paiement en espèces. Mon gentil (street) restaurateur a acquiescé. Et tous les autres par la suite. Même dans le métro, il est possible d’acheter son jeton au distributeur en payant en espèces. Mieux, l’on peut payer directement au portillon en utilisant le sans contact de sa carte Visa. Il y a donc toujours moyen de payer en cash ou en carte à Shenzhen. Et j’imagine que c’est la même chose dans des villes telles que Pékin ou Shanghai. Pour le reste du pays, c’est à vos risques et périls !

Mais quand l’on se rend dans un vrai restaurant, l’histoire se complique un tantinet. Ce que j’ai constaté en allant boire un verre et me restaurer au fameux centre commercial de Coco Park, dans le district de Futian. Si les QR codes incrustés aux tables ont définitivement remplacé les traditionnels menus plastifiés, les Chinois ont déjà atteint la deuxième étape. Car si l’on doit consulter la carte sur son smartphone, l’on doit aussi payer sa commande en ligne, avant même d’être servi. Les serveurs apportent les commandes, mais ne les prennent plus. Vous l’aurez compris, je n’apprécie guère ce principe. Qu’il y a moyen de contourner… À condition d’aller soi-même passer sa commande au comptoir. Ce que j’ai fait. Et en payant en cash, par-dessus le marché.

Coco Park – Shenzhen

Concernant Internet, c’est le même principe. Nous savons tous que la plupart des sites américains sont bloqués en Chine (mais pas à HK). Google, Facebook, WhatsApp, Tinder et toute la clique ont été évincés au profit de leurs équivalents chinois (Baidu, WeChat…). C’est une réalité. Sauf si vous faites comme moi et que vous utilisez les données de votre forfait français. Dans ce cas de figure, vous avez accès à tout, même aux sites et applis interdits par le Régime. À condition, si vous ne voulez pas vous retrouver avec une facture à 4 chiffres, que votre opérateur français vous offre une enveloppe de gigas dédiée à l’étranger. Dans mon exemple, mon opérateur, Free, me permet d’utiliser 35 gigas par mois dans la plupart des pays du monde, dont la Chine. Ce qui suffit largement pour un court séjour, à condition de ne pas cramer tout le forfait en scrollant des vidéos à longueur de journée.

Bilan, parce qu’il faut bien conclure : je conseille fortement Hong Kong. C’est un endroit stimulant, agréable et unique. Ce territoire vous donnera un très bon aperçu de ce que peut être la Chine. Mais attention, le coût de la vie y est exorbitant, notamment sur Hong Kong Island. Si vous êtes fauché ou en mode backpacker, ce n’est pas l’idéal. (À moins d’accepter de dormir dans une auberge sordide des bas-fonds de Mongkok et de faire une croix sur la vie nocturne). Et si, comme moi, vous aviez en références des pays comme le Vietnam, la Thaïlande ou la Malaisie en termes de pouvoir d’achat, oubliez-les ! Vous êtes en Asie, certes, mais c’est une tout autre réalité qui y sévit.

En ce qui concerne Shenzhen, tout dépend du contexte. Si vous séjournez à Hong Kong une semaine ou plus, faites un petit aller-retour. Histoire de. Histoire de voir la « vraie » Chine au moins une fois. C’est tout prêt, rapide, facile et pas cher.

Mais si vous ne passez pas par la case Hong Kong, je ne vois pas trop l’intérêt de visiter Shenzhen. (Je parle uniquement de tourisme, pas de business). Quitte à visiter une ville chinoise, mieux vaut commencer par Pékin ou Shanghai, bien plus riches en patrimoine historique et culturel que la jeune et ambitieuse Shenzhen.

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